La marche vers l’Empire
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La façon dont Napoléon gouverne sous le Consulat présente les mêmes ambivalences que ses réformes. En effet, le suffrage universel est utilisé et Napoléon consulte régulièrement le peuple via l’ancêtre du référendum : le plébiscite.
Le peuple doit répondre « oui » ou « non » à une question donnée. Néanmoins, comme le vote n’est pas encore secret, on n’ose généralement pas voter « non ». Finalement le plébiscite est surtout un moyen de donner l’illusion que le peuple adhère au régime.
Ces ambiguïtés provoquent des mécontentements tant chez les républicains que les royalistes. Les complots et attentats se multiplient. Toutefois, cela donne seulement à Napoléon l’envie de pérenniser son pouvoir.
Ainsi, en 1802, il fait réviser la Constitution pour être nommé Consul à vie. Mais il ne s’arrête pas là. En mai 1804, il fait en sorte que le Sénat le proclame « Napoléon 1er, Empereur héréditaire des français. » Le peuple est consulté sur le sujet en novembre et 3,5 millions votent « oui. »
Dès lors, l’Empereur a gagné la légitimité politique et populaire. Il lui reste à obtenir la légitimité religieuse. Le 2 novembre 1804, il est sacré à Notre-Dame de Paris en présence du Pape Pie VII. Il se pose lui-même la couronne sur la tête, ce qui démontre la soumission du pontife.
Le Sacre de Napoléon, par Jacques-Louis David (1808)
De fait, Pie VII demeure soumis à Napoléon tout au long de son règne. En 1813, l’Empereur l’enferme à Fontainebleau pour le forcer à signer un nouveau Concordat. Il stipule que le Pape renonce à être le chef des États pontificaux et doit venir résider à Paris, sur l’île de la Cité.