Des conséquences sociales et politiques dramatiques
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Un chômage de masse et l'effondrement des protections
Partout en Europe, le même scénario se répète : les faillites d'entreprises jettent des millions de travailleurs à la rue. Le chômage atteint une ampleur inédite et effrayante : en 1932, il touche 23 % de la population active au Royaume-Uni, 31 % en Norvège et jusqu'à 43 % en Allemagne. Les quelques systèmes de protection sociale, comme la caisse d'assurance chômage créée en Allemagne en 1928, sont conçus pour des temps normaux et sont immédiatement submergés, puis balayés par la vague de misère.
Image d'une file d'attente de chômeurs devant une soupe populaire à Berlin dans les années 1930
La montée de la colère sociale et des extrêmes
Face à des États impuissants qui s'enferment dans des politiques de rigueur inefficaces, la colère gronde. Les syndicats et les partis de gauche organisent de grandes manifestations, des grèves et des « marches de la faim » pour protester contre la misère.
Image de la Jarrow Crusade, une "marche de la faim" de chômeurs britanniques en 1936
Ce climat de déstabilisation sociale profite surtout aux partis populistes et extrémistes. Ils exploitent la peur et le désespoir, désignant des boucs émissaires (les étrangers, les juifs, les élites démocratiques) et promettant des solutions radicales. En Allemagne, le parti nazi d'Adolf Hitler gagne une audience considérable en organisant des soupes populaires et en se présentant comme le seul rempart contre le chaos. L'incapacité des démocraties à sortir des schémas libéraux traditionnels pour répondre à la crise alimente directement la montée des totalitarismes.