L’Allemagne nazie
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Le cas de l’Allemagne nous montre comment il est possible que le totalitarisme arrive à s’établir de façon parfaitement légale. Pas besoin de présenter l’homme central du récit : Adolf Hitler, peintre raté, soldat pendant la Première Guerre mondiale qui a été marqué par l’humiliation du Traité de Versailles.
En 1920, Hitler entre en politique. Ses talents oratoires lui permettent de grimper les échelons du Parti des Travailleurs Allemands, si bien qu’il le remanie et lui donne un nouveau nom : le Parti National-Socialiste des Travailleurs Allemands – ou NSDAP, son acronyme allemand. Il a pour modèle le fascisme italien.
En 1923, Hitler et ses collaborateurs fomentent un putsch (le « putsch de Munich ») qui échoue. Hitler est emprisonné. C’est à ce moment-là qu’il rédige Mein Kampf et décide qu’en sortant de prison, il tentera de s’emparer du pouvoir par la voie légale.
Dix ans plus tard, en 1932, le NSDAP fait un triomphe aux élections. Le contexte économique et social aide drastiquement : la Crise de 29 a durement frappé l’Allemagne. Hitler rend responsable la République de Weimar et promet du travail aux 6 millions de chômeurs, ce qui lui fait gagner de nombreuses voix. Dès lors, en 1933, le Président Hindenburg n’a d’autre choix que de nommer Hitler Chancelier du fait de la majorité du NSDAP au Bundestag (le Parlement allemand).
Hitler fait un discours au Reichstag (1936) ©
À l’instar de Mussolini en Italie, Hitler commence par obéir aux règles de la démocratie mais trouve rapidement un moyen d’écarter les communistes du champ politique.

Dans la nuit du 27 au 28 février 1933, le Reichstag, palais abritant le Parlement, est incendié. Les nazis exploitent l’événement pour accuser les communistes et restreindre les libertés. Aujourd’hui, les historiens débattent toujours : s’agissait-il effectivement d’un acte de sabotage individuel ou d’un coup monté par les nazis ?
En 1934, Hindenburg décède. Hitler obtient alors les pleins pouvoirs : il est à la fois chef d’État et chef de gouvernement. À partir de là, il lui est facile de passer des lois qui suppriment petit à petit les libertés, les élections et le multipartisme ; il diffuse également l’idéologie nazie dans la population.
Le nazisme est basé sur le fascisme italien (importance de l’État et de la Nation) et y ajoute une importante composante antisémite. Il s’agit donc d’une « idéologie de la race. » Dès 1925, dans Mein Kampf, Hitler distingue la race aryenne, pure et supérieure, des autres races, (en particulier la race juive), qui sont souillées, décadentes et donc inférieures.