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Cours · Histoire-Géographie · Terminale

La crise de 1929

Ce chapitre s'inscrit dans le Thème 1 : Fragilités des démocraties, totalitarismes et Seconde Guerre Mondiale (1929-1945). Au sortir de la Première Guerre mondiale, le monde semble entrer dans une ère nouvelle, pleine de…

Histoire-GéographieTerminale8 leçons4 exercices corrigés
Niveau
Terminale
Écrit par
loup
Édition
26 octobre 2026
Sommaire

Au programme

  1. 01

    La crise économique aux États-Unis

    • 1.1 Introduction : Crise de 1929
    • 1.2 Du rêve américain au cauchemar économique
    • 1.3 La Grande Dépression et ses conséquences
    • 1.4 Le New Deal : des réponses inédites à la crise
    1 quiz en ligne2 exercices
  2. 02

    L'extension de la crise au monde

    • 2.1 La propagation de la crise économique
    • 2.2 Des conséquences sociales et politiques dramatiques
    1 quiz en ligne1 exercices
  3. 03

    Conséquences et réponses politiques variées

    • 3.1 La réponse démocratique : l'exemple du Front populaire en France
    • 3.2 Les réponses des régimes autoritaires : la marche à la guerre
    Je retiens l'essentiel1 quiz en ligne1 exercices

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Chapitre
01

La crise économique aux États-Unis

Dans ce chapitre
  1. 1.1Introduction : Crise de 1929
  2. 1.2Du rêve américain au cauchemar économique
  3. 1.3La Grande Dépression et ses conséquences
  4. 1.4Le New Deal : des réponses inédites à la crise
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CoursChapitre 1
Leçon 1.1

Introduction : Crise de 1929

Remarque

Au lendemain de la Première Guerre mondiale, le monde est un lieu de contrastes profonds. Politiquement, les démocraties semblent triompher avec la chute des empires autoritaires (Allemagne, Autriche-Hongrie, Russie) et la tentative de créer un ordre pacifique via la Société des Nations. Cependant, cet espoir est miné par des fragilités profondes : les sociétés, "brutalisées" par le conflit, connaissent une banalisation de la violence et une montée des nationalismes. Économiquement, la reconversion d'après-guerre est difficile, créant chômage et contestations sociales. Enfin, les équilibres financiers sont bouleversés : l'Europe, endettée, est supplantée par les États-Unis qui deviennent le premier créancier et la première puissance économique mondiale.

C’est la crise économique mondiale qui va anéantir ces avancées. La politique aurait dû réagir avec plus de vigueur.

La crise économique — c’est-à-dire une dégradation brutale de la conjoncture économique mettant fin à une période de croissance — débute aux États-Unis, au cœur du système capitaliste mondial. Elle entraîne une grande dépression, caractérisée par un recul durable et généralisé de l’activité économique.

Cela provoque un chômage de masse et une paupérisation durable de la population. La crise se propage rapidement au reste du monde, touchant particulièrement une Europe déjà fragilisée sur de nombreux plans, avec des conséquences dramatiques.

Les réponses apportées à cette crise varient selon les pays et les périodes.

Dans le meilleur des cas, on voit l’apparition de politiques interventionnistes, comme le New Deal aux États-Unis ou les mesures sociales du Front populaire en France.

Dans le pire des cas, la crise favorise le réarmement et la montée des régimes autoritaires.

Problématique : Quel est l’impact de la crise économique mondiale sur les sociétés et les équilibres politiques ?

Leçon 1.2

Du rêve américain au cauchemar économique

Contexte : une prospérité trompeuse

À la fin de la Première Guerre mondiale, les États-Unis deviennent la première puissance financière mondiale. Cette domination s’explique notamment par :

  • le rôle de créancier des pays européens, lourdement endettés,

  • l’essor de la société de consommation : les ouvriers produisent mais deviennent aussi consommateurs,

  • l’augmentation du pouvoir d’achat (hausse des salaires),

  • le développement du crédit à la consommation, qui soutient la demande intérieure.

Cependant, dès la fin des années 1920, des signes de ralentissement apparaissent :

la consommation baisse, les stocks s’accumulent, et une situation de surproduction industrielle se développe. Malgré cela, les cours de la bourse continuent d’augmenter artificiellement, déconnectés de la réalité économique des entreprises.


Le Jeudi noir : le krach boursier de Wall Street

Le 24 octobre 1929, surnommé le “Jeudi noir”, marque le début de la crise. Ce jour-là, à la suite de l’annonce de mauvais résultats d’entreprises majeures (notamment dans l’automobile), les investisseurs paniquent. Ils vendent massivement leurs actions, provoquant un effondrement des cours boursiers.

Les causes profondes du krach :

  1. Décalage entre la valeur réelle et la valeur boursière :

    Les actions continuaient de grimper alors que les entreprises étaient en difficulté. Beaucoup d’investisseurs particuliers, mal informés, plaçaient leur argent sans comprendre les mécanismes boursiers.

  2. Spéculation excessive :

    Les marchés obéissaient uniquement à la logique de l’offre et de la demande, sans lien avec la réalité économique. Cela a entraîné la formation d’une bulle spéculative.

Lorsque cette bulle éclate, de nombreux courtiers font faillite, certains se suicident, et les banques, exposées à ces pertes, ferment à leur tour. Les épargnants, même ceux n’ayant jamais investi en bourse, perdent toutes leurs économies.


Propagation de la crise dans l’économie réelle

  • Les entreprises sont confrontées à la chute des investissements, à la baisse de la consommation et à la disparition du crédit bancaire.

    Faute de liquidités, elles licencient ou ferment.

  • Le monde agricole est également touché : la baisse des prix agricoles, aggravée par une sécheresse, entraîne des faillites massives chez les agriculteurs.

  • Le chômage de masse s’installe, aggravant la baisse de la consommation, ce qui alimente un cercle vicieux de faillites et de misère.

On entre alors dans une période de déflation, de dépression et même de récession généralisée. Tous les indicateurs économiques s’effondrent.


Conséquences

En 1932, le PIB américain chute de 30 %. Cette crise économique, profonde et durable, s’étend sur près d’une décennie et aura des répercussions mondiales.

Leçon 1.3

La Grande Dépression et ses conséquences

Des réponses politiques inadaptées qui aggravent la crise

Face à la crise, les premières réactions politiques ont contribué à l’aggraver. Aux États-Unis, le président Herbert Hoover, fidèle à l’idéologie libérale dominante, refuse toute intervention de l’État dans l’économie.

Le non-interventionnisme repose sur la théorie de la « main invisible » d’Adam Smith, selon laquelle les marchés s’autorégulent naturellement. Hoover pense que la crise se résoudra d’elle-même.

Mais cette position empêche :

  • la relance de l’économie par des investissements publics,

  • la mise en place d’un système de protection sociale,

  • toute hausse des impôts pour financer l’aide aux plus démunis.

Pire encore, sa principale mesure est le protectionnisme, avec l’augmentation des droits de douane (loi Hawley-Smoot, 1930). Cette décision provoque des mesures de rétorsion de la part des autres pays, ce qui fait chuter les exportations américaines.

L’économie se retrouve sans débouchés, ni à l’intérieur ni à l’extérieur. Le commerce mondial s’effondre.

Ainsi, les décisions prises sous Hoover, bien qu’influencées par une faiblesse politique, empirent une crise provoquée à l’origine par la sphère économique et financière.


Une catastrophe sociale majeure

La crise se transforme rapidement en drame humain. Le chômage de masse touche jusqu’à 25 % de la population active dans les villes. Or, aucun système de sécurité sociale n’existe à l’époque.

Les travailleurs perdent leur emploi, leur logement, leurs terres et même la possibilité de se nourrir.

Les conséquences sont dramatiques :

  • Paupérisation massive,

  • Exodes vers d’autres régions (notamment vers l’Ouest),

  • Apparition de bidonvilles, surnommés “Hoovervilles”,

  • Famines et grande misère.

Ce traumatisme remet profondément en question le rêve américain et l’idéal de la conquête de l’Ouest. Il marque durablement plusieurs générations.

Ce contexte de détresse donne naissance à une culture de la protestation et du témoignage. Des écrivains comme John Steinbeck (Des souris et des hommes) ou des photographes comme Dorothea Lange documentent cette période.

Une “génération perdue” émerge également parmi les musiciens, avec le développement du folk américain, porteur des voix de la souffrance populaire.

La Grande Dépression secoue les fondations mêmes de la société américaine, jusqu’à son identité collective.

Leçon 1.4

Le New Deal : des réponses inédites à la crise

Franklin Delano Roosevelt, issu d’une famille aisée de New York aux origines flamande et française, appartient au Parti démocrate, historiquement proche des minorités, des nouveaux immigrants et des ouvriers (« blue-collar workers »), bien que ce parti ait aussi été lié aux élites conservatrices du Sud esclavagiste.

Élu président en 1932, Roosevelt devient l’artisan du New Deal, un programme de rupture inédite face à la crise. Il s’entoure d’une équipe nouvelle d’experts, surnommée le “Brain Trust”, rompant avec les pratiques traditionnelles.

Un programme interventionniste en deux temps

Remarque
Le New Deal repose sur une intervention massive de l’État dans l’économie — une nouveauté à l’époque aux États-Unis.

  1. Première phase (1933) :

    Roosevelt lance une politique de relance économique :

    • augmentation des dépenses publiques et de la fiscalité,

    • soutien aux prix agricoles et aux salaires,

    • régulation bancaire et industrielle (par ex. création de la SEC et du NRA),

    • lutte contre le chômage par des programmes fédéraux d’emploi.

  2. Deuxième phase (1935) :

    Le New Deal évolue vers la création d’un État-providence :

    • mise en place d’une protection sociale (Social Security Act),

    • grands travaux publics (dams, routes, ponts, infrastructures),

    • consolidation des droits syndicaux.

Un bilan contrasté mais fondateur

Sur le plan économique, le New Deal ne permet pas un retour au niveau de prospérité d’avant 1929. Le chômage reste élevé jusqu’à l’entrée en guerre en 1941.

Mais les effets de la crise sont contenus, la société stabilisée, et le modèle économique profondément transformé.

Politiquement, le succès est considérable : Roosevelt est réélu plusieurs fois, et le modèle de l’État-providence américain inspire de nombreux pays après 1945.

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Comprendre la crise économique de 1929 et ses conséquences aux États-Unis

●●●

Réponds aux questions suivantes à partir des informations extraites de la leçon sur la crise économique aux États-Unis (1929).

  1. Quelle est la date du “Jeudi noir” qui marque le début du krach boursier à Wall Street ?
  2. Explique brièvement deux causes du krach boursier de 1929.
  3. Cite deux conséquences sociales majeures de la Grande Dépression sur la population américaine.
  4. Quel président américain refuse d’intervenir dans l’économie au début de la crise ?
  5. Quel est le nom du programme initié par Franklin Delano Roosevelt pour répondre à la crise ?
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2

La crise de 1929 : Causes, Manifestations et Réponses aux États-Unis

●●●

À partir de la leçon présentée ci-dessus, réponds aux questions suivantes de façon précise et développée :

  1. Décris brièvement la situation économique et sociale des États-Unis et du monde occidental à la sortie de la Première Guerre mondiale.
  2. Explique les mécanismes qui ont mené au krach boursier du Jeudi noir en octobre 1929.
  3. Présente les principales conséquences économiques et sociales de la crise de 1929 aux États-Unis.
  4. Quels choix politiques ont d'abord été faits face à cette crise sous la présidence de Herbert Hoover ? Pourquoi ont-ils aggravé la situation ?
  5. Décris les deux grandes phases du New Deal initié par Franklin D. Roosevelt et explique en quoi cette politique marque une rupture.

Pour chaque réponse, illustre avec des exemples ou des faits précis issus de la leçon.

Chapitre
02

L'extension de la crise au monde

Dans ce chapitre
  1. 2.1La propagation de la crise économique
  2. 2.2Des conséquences sociales et politiques dramatiques
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CoursChapitre 2
Leçon 2.1

La propagation de la crise économique

La crise américaine devient mondiale par deux canaux principaux :

  • Le canal financier : Les banques américaines, en difficulté, rapatrient massivement les capitaux qu'elles avaient placés en Europe après la guerre, notamment en Allemagne et en Autriche. Privées de ces financements, de grandes banques européennes, comme le Kreditanstalt autrichien en 1931, font faillite, propageant la crise sur tout le continent.

  • Le canal commercial : Face à la crise, tous les pays se replient sur eux-mêmes et adoptent des politiques protectionnistes. Le commerce mondial s'effondre. De plus, pour tenter de rendre leurs exportations plus compétitives, de nombreux pays, à commencer par le Royaume-Uni en 1931, abandonnent la convertibilité de leur monnaie en or (étalon-or) et la dévaluent. Cette "guerre des monnaies" ne fait qu'aggraver le désordre économique.

Leçon 2.2

Des conséquences sociales et politiques dramatiques

Un chômage de masse et l'effondrement des protections

Partout en Europe, le même scénario se répète : les faillites d'entreprises jettent des millions de travailleurs à la rue. Le chômage atteint une ampleur inédite et effrayante : en 1932, il touche 23 % de la population active au Royaume-Uni, 31 % en Norvège et jusqu'à 43 % en Allemagne. Les quelques systèmes de protection sociale, comme la caisse d'assurance chômage créée en Allemagne en 1928, sont conçus pour des temps normaux et sont immédiatement submergés, puis balayés par la vague de misère.

La file d'attente pour l'aide alimentaire, l'image qui cache ...Image d'une file d'attente de chômeurs devant une soupe populaire à Berlin dans les années 1930

La montée de la colère sociale et des extrêmes

Face à des États impuissants qui s'enferment dans des politiques de rigueur inefficaces, la colère gronde. Les syndicats et les partis de gauche organisent de grandes manifestations, des grèves et des « marches de la faim » pour protester contre la misère.

Photo of the Jarrow MarchImage de la Jarrow Crusade, une "marche de la faim" de chômeurs britanniques en 1936

Ce climat de déstabilisation sociale profite surtout aux partis populistes et extrémistes. Ils exploitent la peur et le désespoir, désignant des boucs émissaires (les étrangers, les juifs, les élites démocratiques) et promettant des solutions radicales. En Allemagne, le parti nazi d'Adolf Hitler gagne une audience considérable en organisant des soupes populaires et en se présentant comme le seul rempart contre le chaos. L'incapacité des démocraties à sortir des schémas libéraux traditionnels pour répondre à la crise alimente directement la montée des totalitarismes.

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Vérifie tes connaissances grâce à des questions simples et un vrai / faux

●●●

Exercice 1 : Questions de connaissances (réponses courtes)

1. Par quels deux canaux principaux la crise américaine se diffuse-t-elle au reste du monde ?
2. Pourquoi le retrait des capitaux américains fragilise-t-il particulièrement l’Europe ?
3. Citez un exemple précis de faillite bancaire européenne liée à la crise.
4. Qu’est-ce que l’étalon-or ?
5. Pourquoi les politiques protectionnistes aggravent-elles la crise mondiale ?

Exercice 2 : Indique si les affirmations suivantes sont vraies ou fausses et justifie ta réponse en une ou deux phrases.

1. La crise reste essentiellement limitée aux États-Unis.
2. Le commerce mondial augmente pendant la crise grâce au protectionnisme.
3. L’abandon de l’étalon-or vise à rendre les exportations plus compétitives.
4. Le chômage de masse touche uniquement les pays industrialisés.
5. La crise économique favorise la montée des partis extrémistes.
Chapitre
03

Conséquences et réponses politiques variées

Dans ce chapitre
  1. 3.1La réponse démocratique : l'exemple du Front populaire en France
  2. 3.2Les réponses des régimes autoritaires : la marche à la guerre
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CoursChapitre 3
Leçon 3.1

La réponse démocratique : l'exemple du Front populaire en France

Remarque
Face à une crise d'une telle ampleur, les réponses politiques divergent profondément entre les démocraties et les régimes autoritaires.

En France, la crise frappe plus tardivement mais durement. Face à la montée de l'extrême-droite et au danger fasciste, les partis de gauche (socialistes de la SFIO, communistes et radicaux) forment une alliance électorale : le Front populaire.

Vainqueur des élections de mai 1936, le gouvernement dirigé par le socialiste Léon Blum est accueilli par un immense mouvement de grèves joyeuses. Sous la pression populaire, il met en place un programme de réformes sociales sans précédent, négocié lors des Accords de Matignon :

  • Augmentation des salaires.

  • Semaine de travail de 40 heures (au lieu de 48).

  • 15 jours de congés payés, qui permettent à des milliers d'ouvriers de découvrir les vacances et les loisirs.

Le Front populaire incarne un immense espoir et marque durablement la société française par ses acquis sociaux. Cependant, son bilan économique est mitigé. La production ne redémarre pas et le gouvernement se heurte à l'hostilité des milieux d'affaires (le « mur de l'argent »), qui refusent de financer ses réformes. Blum est contraint à la démission en 1937.

Leçon 3.2

Les réponses des régimes autoritaires : la marche à la guerre

Les régimes totalitaires apportent des réponses en apparence plus efficaces, mais qui sont des impasses dangereuses.

  • En Italie fasciste, Mussolini prône l'autarcie (autosuffisance économique). Cette politique, vouée à l'échec pour un pays pauvre en matières premières, justifie une politique extérieure agressive et expansionniste.

  • En Allemagne nazie, Hitler lance une politique de relance économique fondée quasi exclusivement sur le réarmement massif. Le budget militaire est multiplié par 10 en quatre ans. Le chômage est éliminé de manière autoritaire, en forçant les entreprises à embaucher et en enrôlant les jeunes dans des organisations paramilitaires.

Si ces politiques donnent des résultats spectaculaires à court terme, elles ne sont pas viables. Elles reposent sur le pillage des ressources et préparent activement la guerre, présentée comme la seule solution pour assurer la prospérité de la nation et conquérir un « espace vital » (Lebensraum).

Définition
La crise de 1929 a été bien plus qu'un simple accident économique. En provoquant une misère de masse et en discréditant les élites politiques libérales, elle a profondément déstabilisé les démocraties.
Alors que certaines, comme les États-Unis ou la France, ont tenté d'inventer de nouvelles formes d'intervention de l'État pour préserver la cohésion sociale, la crise a offert un terreau fertile aux régimes totalitaires.

Leurs réponses, fondées sur le nationalisme, l'autarcie et le réarmement, ont fait de la guerre une issue inévitable. La crise économique est ainsi une des causes majeures du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.

Je retiens l'essentiel
Définition
La crise de 1929 a été bien plus qu'un simple accident économique. En provoquant une misère de masse et en discréditant les élites politiques libérales, elle a profondément déstabilisé les démocraties.
Alors que certaines, comme les États-Unis ou la France, ont tenté d'inventer de nouvelles formes d'intervention de l'État pour préserver la cohésion sociale, la crise a offert un terreau fertile aux régimes totalitaires.

Leurs réponses, fondées sur le nationalisme, l'autarcie et le réarmement, ont fait de la guerre une issue inévitable. La crise économique est ainsi une des causes majeures du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.
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Comprendre et comparer les réponses à la crise

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Exercice 1 : Explique les notions suivantes en quelques lignes :

- Front populaire

- Accords de Matignon

- Autarcie

- Réarmement

- Lebensraum


Exercice 2 : Complète le tableau suivant en comparant les réponses démocratiques et les réponses totalitaires à la crise :

France (Front populaire)Italie fasciste / Allemagne nazie
......
......
......
......
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01 La crise économique aux États-Unis

1
  1. Le “Jeudi noir” a lieu le 24 octobre 1929. C'est à cette date que démarre le krach boursier à New York, précipitant la crise.

  2. Deux causes du krach boursier de 1929 :

  • Il existait un décalage entre la valeur réelle des entreprises et la valeur boursière de leurs actions. Les actions étaient surévaluées, alors que les entreprises rencontraient des difficultés.
  • La spéculation boursière excessive : les investisseurs achetaient et vendaient des actions sans lien avec la réalité économique, ce qui a créé une bulle spéculative qui a éclaté brutalement.
  1. Deux conséquences sociales majeures de la Grande Dépression :
  • Le chômage de masse, qui a atteint jusqu’à 25 % de la population active dans les villes.
  • La paupérisation : de nombreuses familles ont perdu leur logement, leurs économies et ont dû migrer vers d'autres régions, parfois dans des bidonvilles surnommés “Hoovervilles”.
  1. Herbert Hoover, président des États-Unis au début de la crise, refuse d’intervenir dans l’économie en pensant que la crise allait se résoudre d’elle-même.

  2. Le programme initié par Franklin Delano Roosevelt pour lutter contre les effets de la crise s’appelle le « New Deal ». Il consiste en une intervention massive de l’État dans l’économie, la création de programmes sociaux et de grands travaux publics.

2
  1. À la sortie de la Première Guerre mondiale, le monde occidental, et notamment les États-Unis, connaît des contrastes profonds. Économiquement, l’Europe est fragilisée et lourdement endettée, alors que les États-Unis deviennent le premier créancier mondial et la première puissance économique. Cependant, la reconversion industrielle d’après-guerre est difficile et entraîne chômage et tensions sociales. La montée des nationalismes et la banalisation de la violence dans la société créent un climat d’instabilité.

  2. Le krach du Jeudi noir (24 octobre 1929) est provoqué par un écart grandissant entre la valeur réelle des entreprises et la valeur spéculative boursière. La spéculation excessive fait grimper artificiellement les cours : de nombreux investisseurs mal informés placent leur argent en bourse, et une bulle spéculative se forme. Lorsque de mauvais résultats d’entreprise sont annoncés, la panique s’installe, entraînant une vente massive d’actions et l’effondrement du marché. De nombreux courtiers font faillite, des banques ferment, et des épargnants perdent toutes leurs économies, même ceux qui n’avaient pas investi directement en bourse.

  3. Les conséquences économiques sont majeures : le PIB américain chute de 30 % (en 1932), la dépression et la déflation s’installent pour presque une décennie. Industriels et agriculteurs font faillite à cause de la chute de la demande, des prix, et de la disparition du crédit. Socialement, le chômage de masse frappe jusqu’à 25 % de la population active, il n’existe aucune protection sociale ; cela provoque famines, migrations internes (vers l’Ouest), bidonvilles appelés “Hoovervilles”, et une grande paupérisation. Ce traumatisme remet en cause le rêve américain et marque toute une génération.

  4. Sous la présidence de Herbert Hoover, la réaction à la crise est marquée par le non-interventionnisme. Fidèle à l’idéologie libérale d’Adam Smith, Hoover pense que le marché s’autorégule et refuse donc toute intervention de l’État (pas de politique de relance, pas de système de protection sociale, pas de hausse d’impôts pour financer l’aide aux plus démunis). Sa principale mesure est le protectionnisme (loi Hawley-Smoot) qui augmente les droits de douane. Cela entraîne des représailles étrangères, fait chuter les exportations américaines, et aggrave la crise globale et le chômage. Ces politiques aggravent la crise issue à l’origine du secteur économique et financier.

  5. Le New Deal de Roosevelt représente une rupture majeure par rapport aux politiques précédentes :

    • La première phase (1933) consiste à relancer l’économie par l’augmentation des dépenses publiques et de la fiscalité, soutenir les prix agricoles et les salaires, réguler le secteur bancaire et industriel (SEC, NRA), et lancer des grands programmes de lutte contre le chômage.
    • La deuxième phase (1935) voit la mise en place d’un État-providence : création d’une protection sociale (Social Security Act), réalisation de grands travaux publics et consolidation des droits syndicaux. Le New Deal marque donc la fin du laissez-faire et le début de l’intervention massive de l’État dans l’économie, stabilisant la société même si le chômage ne disparaît qu’avec la Seconde Guerre mondiale. Politiquement, Roosevelt est réélu plusieurs fois et le modèle de l’État-providence inspire d’autres pays après 1945.

02 L'extension de la crise au monde

1

Exercice 1 : Questions de connaissances (réponses courtes)

1. Par quels deux canaux principaux la crise américaine se diffuse-t-elle au reste du monde ?
Les deux canaux de diffusion de la crise sont le canal financier et le canal commercial.
2. Pourquoi le retrait des capitaux américains fragilise-t-il particulièrement l’Europe ?
Le retrait des capitaux américains fragilise l’Europe car de nombreuses banques et entreprises européennes, notamment en Allemagne et en Autriche, dépendaient des prêts américains pour fonctionner.
3. Citez un exemple précis de faillite bancaire européenne liée à la crise.
Un exemple de faillite bancaire est celle du Kreditanstalt autrichien en 1931.
4. Qu’est-ce que l’étalon-or ?
L’étalon-or est un système monétaire dans lequel la valeur d’une monnaie est garantie par une quantité fixe d’or.
5. Pourquoi les politiques protectionnistes aggravent-elles la crise mondiale ?
Les politiques protectionnistes aggravent la crise car elles freinent les échanges internationaux, provoquant un effondrement du commerce mondial et une baisse de la production.

Exercice 2 : Indique si les affirmations suivantes sont vraies ou fausses et justifie ta réponse en une ou deux phrases.

1. La crise reste essentiellement limitée aux États-Unis.
Faux - la crise devient rapidement mondiale grâce aux échanges financiers et commerciaux.
2. Le commerce mondial augmente pendant la crise grâce au protectionnisme.
Faux - le protectionnisme provoque au contraire un effondrement du commerce mondial.
3. L’abandon de l’étalon-or vise à rendre les exportations plus compétitives.
Vrai - l’abandon de l’étalon-or permet de dévaluer la monnaie afin de rendre les exportations plus compétitives.
4. Le chômage de masse touche uniquement les pays industrialisés.
Faux - le chômage de masse touche de nombreux pays européens, y compris les pays industrialisés et non industrialisés.
5. La crise économique favorise la montée des partis extrémistes.
Vrai - la crise favorise la montée des partis extrémistes qui exploitent la misère et la colère sociale.

03 Conséquences et réponses politiques variées

1

Exercice 1 : Explique les notions suivantes en quelques lignes :

- Front populaire : alliance des partis de gauche arrivée au pouvoir en France en 1936 pour répondre à la crise économique et défendre la démocratie.

- Accords de Matignon : accords sociaux signés en juin 1936 accordant des hausses de salaires, la reconnaissance des syndicats et des droits sociaux nouveaux.

- Autarcie : politique visant à rendre un pays économiquement autosuffisant en limitant les échanges avec l’étranger.

- Réarmement : politique de développement massif de l’industrie militaire pour relancer l’économie et préparer la guerre.

- Lebensraum : concept nazi désignant l’« espace vital » que l’Allemagne prétend devoir conquérir par la guerre.


Exercice 2 : Complète le tableau suivant en comparant les réponses démocratiques et les réponses totalitaires à la crise :

France (Front populaire)Italie fasciste / Allemagne nazie
Réformes sociales (salaires, congés payés)Relance par le réarmement
Intervention de l’État dans un cadre démocratiqueÉtat autoritaire et dictatorial
Recherche de cohésion socialeNationalisme et militarisation
Résultats sociaux durablesRésultats économiques temporaires