Les abus de Charles X et la fin de la Restauration (1824-1830)
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Charles X est un fervent catholique qui avait émigré au Royaume Uni pendant la Révolution. La religion revient sur le devant de la scène pendant son règne. L’Église a pour but de ré-évangéliser la France, qui a perdu beaucoup de sa ferveur spirituelle durant la période révolutionnaire, en partie à cause des Lumières.
— Portrait de Charles X par J.B.P. Guérin (1827)
En 1825, le règne de Charles X commence par le rétablissement de la cérémonie du sacre dans la cathédrale de Reims. Deux lois importantes sont passées la même année. La première est celle du « milliard des émigrés » qui indemnise tous les nobles qui ont été forcés de s’exiler pendant la Révolution. La seconde est une loi sur le sacrilège qui condamne toute attaque envers la famille royale et tout blasphème religieux.
Ces trois éléments constituent de forts symboles qui démontrent les volontés contre-révolutionnaires de Charles X. On saisit clairement son désir de revenir à la monarchie absolue, de rétablir l’importance de la religion et du Roi comme figure sacrée.
Mais, le 25 juillet 1830, Charles X va trop loin. Il prononce les Ordonnances de Saint-Cloud qui suppriment la liberté de la presse, dissolvent l’Assemblée et modifient la loi électorale en défaveur du peuple. Cela provoque un élan républicain porté par les libéraux.
Le 27, 28 et 29 juillet, des barricades sont dressées dans tout Paris et le peuple se soulève contre le Roi. Charles X n’a d’autre choix que d’abdiquer et part en exil. Ces journées prendront par la suite le nom de « Trois Glorieuses » et seront immortalisées par Eugène Delacroix dans son célèbre tableau La liberté guidant le peuple.


— La Liberté guidant le peuple - Eugène Delacroix - Musée du Louvre Peintures RF 129
Suite à l’abdication de Charles X, la porte est ouverte vers la proclamation d’une nouvelle République. Cependant, les libéraux ont peur que la situation dégénère et que les violences de la Révolution de 1789 se reproduisent. Ils pensent plus judicieux que quelqu’un reprenne le trône et proposent la couronne à Louis-Philippe, duc d’Orléans, cousin des Bourbons. Ce dernier accepte la monarchie constitutionnelle ainsi que d’être fait Roi par la volonté populaire (et non la grâce de Dieu). Il devient ainsi « Roi des Français » en lieu et place de « Roi de France » et ouvre une nouvelle période de l’histoire : la Monarchie de Juillet.